Faut-il avoir peur des Psychiatres ?

Faut-il avoir peur des Psychiatres ?

 

avec le Docteur Pierre Canouï de l’Université Paris 5- Descartes

16 mai - Rencontres de Saint Jo

Pierre Canouï, prochain invité des Rencontres de Saint Jo, est psychiatre et pédopsychiatre à l’Hôpital Necker et psychothérapeute dans son activité libérale. Au delà des enjeux individuels et sociétaux de la psychiatrie contemporaine, nous essaierons de comprendre avec lui le rôle du psychiatre, qui peut nous concerner, nous fasciner…  et parfois nous faire peur. La soirée, animée par Olivier Goulet, Professeur de médecine, aura lieu le vendredi 16 mai 2014 à 20h45 à l’Espace St Jo’.

Aborder le sujet de la psychiatrie dans le cadre des Rencontres Saint Jo peut paraître surprenant surtout lorsqu’est évoquée la peur que cette discipline suscite parfois. L’un des premiers objectifs de cette soirée sera précisément d’analyser les fondements de cette « peur » ou de tous les préjugés que cette discipline traine…Il semble, en effet que ce ressenti soit en partie fondé sur une connaissance insuffisante de ce que recouvrent les trois lettres PSY…. Confusion sémantique ou ignorance du contenu de chacune des professions et missions concernées et assurées par le psychiatre, le psychologue, le psychothérapeute ou le psychanalyste. Tout ou presque les différencient, les parcours individuels, la formation, les méthodes, les pratiques et les résultats…Il est donc indispensable de clarifier pour que chacune et chacun comprennent ce qu’eux même, ou d’autres, peuvent attendre individuellement ou collectivement de la psychiatrie et qu’ils réalisent combien le champ de la psychiatrie est large. A cet égard, le Docteur Pierre Canouï, en qualité de Président de la Fédération Française de Psychothérapie et de Psychanalyse, mène, y compris au niveau des pouvoirs publics, un combat sans relâche pour que soient bien caractérisés les circuits de formation et d’activité de ces différentes professions et que soient mieux connues, en particulier en France, les diversités et la richesse des psychothérapies, la spécificité du métier de praticien de la psychothérapie et les apports de la psychanalyse « humaniste ».

Cette clarification est d’autant plus nécessaire qu’un certain nombre d’entre nous avons des contacts plus ou moins proches avec des individus relevant d’une approche psychiatrique, psychologique, ou psycho-thérapeutique. La « dépression » par exemple doit être expliquée tant elle peut bousculer voire détruire des individuelles, des familles ou d’autres communautés. La dépression peut être définie comme « un trouble psychique caractérisé par des épisodes de baisse d’humeur accompagnée d’une faible estime de soi et d’une perte de plaisir ou d’intérêt dans des activités habituellement ressenties comme agréables par l’individu ». Encore si souvent considérée comme une faiblesse à surmonter les épreuves de la vie avec tous les jugements que cela génère parfois, la dépression est une véritable maladie, curable de surcroît si elle est reconnue et traitée. Aussi nécessaire et efficace soit-elle, son approche thérapeutique reste encore redoutée, pleine de préjugés et d’idées reçues ou surtout confondues avec les traitements lourds que nécessitent des situations de psychose graves auxquelles la maladie dépressive n’appartient pas. Pierre Canouï ne manquera pas de préciser certaines définitions notamment celle de la psychose ou de la névrose et d’expliquer les grandes stratégies thérapeutiques qui prévalent actuellement grâce à l’apport considérable des neurosciences

Nous vivons dans un monde ressenti par beaucoup d’individus comme dur voire impitoyable s’agissant notamment de certains milieux professionnels. Productivité, profit, performance, harcèlement, restrictions, régression… finissent par altérer des comportements individuels et des vies humaines. Le terme « burn out » néologisme ou anglicisme, employé pour nommer ce phénomène d’épuisement professionnel, semble relever d’un fait et donc d’un langage contemporain très véhiculé par les media. Point du tout, il n’est qu’une terminologie moderne pour désigner ce que nos anciens appelaient « l’acédie ». Étymologiquement, ἀϰήδεια (akêdéia) signifie en grec ancien : négligence, indifférence. On a donc l’image de quelqu’un qui néglige de prendre soin de lui-même, et finit par se désintéresser de tout. L’acédie figure, depuis le Moyen Âge, dans la liste des péchés capitaux, ce terme venant de la Bible grecque a gardé la connotation et la charge de jugement que l’on devine. L’acédie, apparaît comme la tentation du découragement, du laisser-être comme du laisser-faire et de la démotivation. C’est une tourmente intérieure ou passionnelle qui fait perdre le rapport mesuré à l’environnement. Il en ressort de l’abattement et un sentiment d’inutilité. L’acédie a été décrite chez des moines au Moyen âge, on les appelait les « fatigués de Dieu »….. Au fil des siècles la définition s’est affinée et l’on doit à Herbert Freundenberger la magnifique définition du burn out : « la maladie de l’âme en deuil de son idéal ». Pierre Canouï, qui a consacré un ouvrage entier à cette question, éclairera ce sujet qui défraye régulièrement la chronique, surtout lorsque l’individu frappé par ce syndrome en perd la vie.

Au décours de l’entretien/interview que nous aurons, la parole sera, comme d’habitude, donnée à la salle pour rebondir sur les questions abordées. Elle ouvrira à d’autres, tant est vaste le champ de la psychiatrie et tant sont parfois graves certaines situations individuelles ou importants les enjeux de société, dont certains ont été récemment débattus. Il est rappelé que des questions peuvent être adressées au Docteur Pierre Canouï sur le site des Rencontres Saint Jo. Comme toujours, le « coin du libraire » sera largement fourni en ouvrages de l’invité et d’autres auteurs.

Nous vous attendons nombreux pour une soirée éclairante et apaisante.

Olivier Goulet

 

 

 

 

Categorie Uncategorized |

Laisser un commentaire

Remarque: Votre commentaire est soumis a validation des administrateurs du site. Merci de ne pas soumettre plusieurs fois le meme commentaire.