La Rencontre du 20 janvier 2012 Le mot de Claude Thélot animateur de la soirée

La Rencontre du 20 janvier 2012
Le mot de Claude Thélot  animateur de la soirée

Qu’est-ce que la musique ? Pourquoi et comment produit-elle en nous ses effets ? A-t-elle, et si oui pourquoi, une dimension spirituelle? Vastes et difficiles questions, mais qu’il est indispensable de se poser, quand on songe à son universalité. Réfléchir à la musique, c’est en effet réfléchir à l’homme.

Car il n’y a pas de société, de culture, qui n’ait conçu, inventé, joué une musique, le plus souvent en relation avec ses dieux. Et il n’y a aucun être humain qui ne soit sensible à au moins une forme de musique – et souvent à plusieurs. C’est l’art universel et profond. Il se décline en une multitude de formes et de types, plus ou moins populaires ou répandus, parfois connoté socialement (exemple : musique classique), parfois propre et limité à une culture (exemple : musique japonaise), parfois diffusé dans plusieurs, même s’il est né dans une seule (exemple : jazz).

C’est par ailleurs le seul art capable de produire aussi bien des transes collectives (dans les sociétés primitives ou « premières », comme parmi la jeunesse des pays développés) que des bouleversements individuels : ils sont bien rares ceux qui ont pleuré devant un tableau ou une sculpture ; ils le sont certes moins à la lecture d’un roman, mais c’est bien à l’écoute d’un morceau de musique que, le plus souvent, l’on est profondément touché jusqu’à pleurer : sur la beauté, sur le monde, sur soi.

La musique et la poésie entretiennent des relations proches. Et l’on va parfois jusqu’à presque les identifier : « De la musique avant toute chose » (Verlaine). Mais elles présentent pourtant une différence essentielle : la poésie demande à être traduite, donc trahie, pour être comprise ailleurs que dans la langue où elle a été écrite, tandis que c’est la même musique qui peut être écoutée de tous les hommes, quelle que soit leur langue et leur culture. Indice supplémentaire d’universalité.

Peut-on alors soutenir que l’accès à la musique est immédiat, c’est-à-dire sans médiations ? Oui et non. Oui, puisqu’elle est en effet immédiatement comprise et entendue, ou écoutée de tous (comme un tableau ou une sculpture est immédiatement vu, et cela rapproche musique et arts plastiques). Non, car, et cette fois-ci contrairement aux arts plastiques, elle a besoin d’un interprète. L’interprète n’est pas un traducteur comme dans la poésie qu’on veut exprimer dans une autre langue. L’interprète est un médiateur nécessaire pour que la musique existe : la musique, en effet, ce n’est pas du tout la partition (et d’ailleurs dans beaucoup de cas, jazz, improvisation, etc., il n’y a pas de partition). La musique ne se lit pas, elle s’écoute, elle vibre en soi, elle se vit.
Lire la suite de cet article

Posté dans : Uncategorized | Pas de commentaires »

La Rencontre du 20 janvier 2012 A propos de l’intervenant, Philippe Charru

La Rencontre du 20 janvier 2012
A propos de l’intervenant

En prenant appui sur des musiques très diverses choisies par lui, Philippe Charru  nous aidera  à y voir clair dans notre relation à la musique (ou aux musiques), en nous faisant partager son enthousiasme et ses convictions.
Philippe Charru, Enseignant  au Centre Sèvres – Facultés Jésuites de Paris, où il dirige le  département esthétique,  pratique la musique (il est  titulaire du grand Orgue Cavaillé-Coll de l’Eglise Saint Ignace, rue de Sèvres à Paris), et  a beaucoup réfléchi et écrit dessus.  Philippe Charru, spécialiste reconnu de Jean-Sébastien Bach   a  publié des ouvrages de référence sur son œuvre. Il  vient de publier récemment  « Quand le lointain se fait proche : la musique une voie spirituelle » aux éditions du Seuil (2011).
Les principaux ouvrages de Philippe Charru
La pensée musicale de Jean-Sébastien Bach – Les chorals du catéchisme luthérien dans la “Troisième Partie du Clavier”, cosigné avec Christoph Theobald, col l .La voie esthétique, Ed. du Cerf, Paris, 1993.
→  L’Esprit Créateur dans la pensée musicale de Jean-Sébastien Bach - Les chorals de l’Autographe de Leipzig » cosigné avec Christoph Theobald, coll. Musique-Musicologie, Ed. Mardaga, 2002.
Voici l’Homme – Au croisement du Miserere de Georges Rouault et de la Via crucis de Franz Liszt, livre et DVD, (coproduction avec Véronique Fabre et Stéphane Caillat), Éditions facultés jésuites de Paris, 2006.
et disponible à la soirée du 20 janvier
Quand le lointain se fait proche : la musique une voie spirituelle : Editions du Seuil  (2011) : Il n’y a pas d’expression religieuse sans musique. Philippe Charru part de ce constat pour établir un parallèle entre le chemin qu’emprunte en nous la musique, et celui de la quête spirituelle. C’est sous un angle nouveau que cette question est ici explorée, puisque la musique y est observée non comme un art, mais comme un phénomène anthropologique

Les musiques de la soirée choisies par Philippe Charru et que nous écouterons ensemble
- Amérindiens d’Amazonie – Brésil - Asurini et Arara, Ocora C 560084, HM 83,Paris

- Stravinsky, Symphonie de Psaumes I, Exaudi orationem meam, Domine, Pierre Boulez

- Debussy, Des pas sur la neige, 1er livre des Préludes pour le piano, Samson François, piano.

- Bach: Die Kunst Der Fuge (I) BWV 1080, Davitt Moroney, clavecin

- Mozart, La Flûte enchantée, Acte II, Scène 28, Neville Marriver

Posté dans : Uncategorized | Pas de commentaires »

La Musique Une voie spirituelle

La Musique Une voie spirituelle

avec Philippe Charru

Jésuite Musicien

Soirée débat

vendredi 20 janvier 2012 20 H 45 Espace St Jo’

Qu’est-ce que la musique ? Pourquoi et comment produit-elle en nous ses effets ? A-t-elle, et si oui pourquoi, une dimension spirituelle?
En prenant appui sur des musiques très diverses choisies par  lui  - Amérindienne d’Amazonie, Stravinsky, Debussy, Bach, Mozart -   Philippe Charru  nous aidera  à y voir clair dans notre relation à la musique (ou aux musiques), en nous faisant partager son enthousiasme et ses convictions.

Posté dans : Uncategorized | Pas de commentaires »